vendredi 6 janvier 2012

La construction du chemin de fer

Aperçu non exhaustif des victimes.

    Un des plus grand chantier haut-marnais de travaux d’infrastructures fut celui lié aux chemins de fer. On en loue la réalisation, mais on parle peu souvent des ouvriers qui y ont contribué et plus particulièrement de ceux qui y trouvèrent la mort. Si la plupart des livres qui en font l’historique mentionnent que des accidents, parfois mortels, ont eu lieu lors de la construction,  aucun nom n’est cité. A titre d’exemple, le viaduc de Chaumont a vu trois ouvriers tués et plusieurs autres blessés sur le chantier.
Ainsi le 18 novembre 1856 Joseph VEYRE 24 ans fait une chute de 4 mètres sur le chantier du viaduc de Chaumont et décède. C’est le seul décès dont nous sommes sur.
Le 26 octobre 1856 Etienne MOIREL 42 ans, travaillait à la construction du viaduc de Chaumont. Il chute d’une hauteur de 17 mètres. Heureux sort : il n’a rien de cassé.
Ce n’est pas le cas de Jean Hippolyte CHATELAIN, manouvrier de 44 ans, qui, sur le chantier du viaduc, est tombé d’une hauteur de 15 pieds et s’est cassé le bras le 9 septembre 1856, ainsi que de Pierre LAFORET, charpentier de 27 ans, qui chute d’une hauteur de 50 pieds et se casse la jambe gauche et se fait deux contusions à la tête.
Toujours à Chaumont, Le 13 octobre 1856, Jean BAYLOT terrassier de 25 ans meurt écrasé sous un wagon en travaillant dans une tranchée.
Déjà le 12 août 1856 Jacob FLOMENSKAEN, 19 ans,  né en Bavière, est écrasé sous un wagon en travaillant à la construction du chemin de fer à Chamarandes.
La ligne de Paris à Chaumont fut ouverte le 18 avril 1857 et inaugurée en grande pompe : Préfet, député, maire, ingénieurs, etc… étaient présents pour se féliciter des travaux. Les premiers trains circulent alors. Moins de deux mois après survient un accident mortel. Cela semble être le premier depuis la mise en exploitation. Et il concerne un adolescent : Le 6 juin 1857 Georges CHERMANN, 13 ans, aiguilleur aux Chemins de Fer de l’Est est écrasé par un wagon à Chaumont. En octobre on ouvre la section de Chaumont à Langres. Sans inauguration cette fois. C’est peut être la conséquence du dramatique accident qui précédait. D’autant plus que la population se souvenait probablement de l’autre drame survenu lors de la construction de la voie puisque le 26 juillet 1855 Augustin DEVOIE était décédé à Jorquenay dans un éboulement pendant les travaux de construction du chemin de fer. Il est malheureux qu’il faille des événements dramatiques pour se souvenir que l’entreprise adjudicataire du marché, Parent & Shaken n’était pas très en règle avec la législation et imposait des conditions de travail parfois peu humaines. A ce moment là les autorités civiles toujours enclines à se glorifier sont aux abonnés absents.
Toujours sur la même ligne, de Paris à Bâle, le 29 janvier 1858 Jacques Louis VION,  24 ans, garde frein à Bricon sera écrasé sous une locomotive. Le 12 mars 1858 un train de marchandises déraille aux abords du viaduc de Chaumont. C’est un  événement sans gravité. Le 14 octobre 1858 Alfred HUYARD 42 ans employé des Chemins de Fer à Chaumont se suicide.  Il donnait depuis quelques jours des signes d’aliénation mentale.
Mais le 18 février 1859 Hippolyte DEMANDRE, garde barrière à Foulain, est tué par un coup de tampon d’un train en marche, puis le 8 août 1859 Joseph FORT, 38 ans de Vesaignes sur Marne, a été écrasé par le train poste. Il étaient  tous les deux gardes barrières, et en service.
La portion de Langres à Laferté sur Amance est ouverte à la circulation le 22 février 1858. Il n’y eut pas non plus d’inauguration cette fois ci. Ce chantier avait eu aussi son lot de tragédies :
Le 20 juillet 1855 Didier OUDOT de Langres décède à Saint Vallier. Il était allé vérifier les travaux et est tombé d’une hauteur de 37 mètres dans un puits qui était sur le chantier.
L’accident le plus grave survint le 14 mai 1856 quand Jean LAROQUE,  Joseph THILLET, André CHEVILLARD et Jules CHOQUET tous quatre ouvriers charpentiers décèdent à Hortes. Ils travaillaient à la construction d’un viaduc lorsqu’ils furent écrasés par la chute d’un cintre préparé pour créer une arcade.
Le 17 mars 1857 Nicolas DUBOIS 40 ans est écrasé sous un wagon à Culmont.
Cela continue après la mise en service :
Le 10 mars 1858 Emile COSTANT 23 ans de Palaiseul, employé aux Chemins de Fer, fait une tentative de suicide parce qu’il était accusé du vol d’un ballot de marchandises. Il est mort le 28 mars des suites de ses blessures.
Le 31 janvier 1859 collision sur le chemin de fer de l’Est, à Langres, entre un train de marchandises et le train poste. On déplore huit blessés. Un rapport est établi et envoyé au ministère.
Un an après jour pour jour, soit le 31 janvier 1860, Edouard LEPREVOT 40 ans est écrasé par une locomotive à la gare de Chalindrey.
D’autres drames eurent aussi lieu sur les portions secondaires :
Le 19 septembre 1854 Joseph SCHMITT, ouvrier des Chemins de Fer meurt à Autigny le Grand des suites d’une amputation. Celle ci a été rendue nécessaire suite à un accident survenu quelques heures auparavant quant il a eu les deux jambes broyées par un wagon de sable.
Le 21 novembre 1854 Pierre CHAPPAS meurt à Chevillon enseveli dans un éboulement de terre alors qu’il travaillait sur le chantier de construction des voies.
Le 13 mars 1856 Jacques VERNIER 36 ans est écrasé sur le chemin de fer à Epinant.
    Peu à peu la circulation des trains se fait en toute sécurité, la Compagnie ayant tenu compte des accidents survenus. Même si aucune activité humaine n’est sans drames humains, encore faut-il que ceux ci restent le plus rare possible. C’est ce qui fut fait.